Anonyme
La scierie
Publié une première fois en 1975 par L’Âge d’homme puis réédité en 2013 par les éditions Héros-Limite, La scierie est toujours resté, le temps passant, un récit anonyme. Ce texte fulgurant se suffit à lui-même et l’on sent bien que l’auteur·rice y a tout mis et qu’il ou elle n’écrira plus jamais (ce qui est déjà remarquable…). C’est un cri de rage, moins contre la société ou le monde du travail (l’auteur·rice n’a aucune illusion, ni sur les ouvrièr·es, ni sur les patron·nes) que contre lui-même. Et sa manière d’être contre soi passera en éprouvant son corps jusqu’à ses dernières limites.Dans les années cinquante, un jeune élève échoue à son baccalauréat. Dépité, il attend son ordre de départ pour la conscription en travaillant dans trois scieries différentes – en crescendo dans la dureté. Nous sommes loin d’une lutte sociale que l’on pourrait attendre d’un récit de cette époque ; le protagoniste s’acquittera de ses besognes dans la souffrance et racontera son ressenti avec brutalité. C’est un corps seul et égoïste qui parle sans tricherie. Un récit remarquablement bien écrit, dans une langue presque orale.
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